Humanités Artificielles #2
Le Vatican encadre l’IA !
Le premier décret de l’État de la Cité du Vatican réglementant l’utilisation de l’intelligence artificielle est discrètement entré en vigueur ce mois-ci, interdisant les usages discriminatoires de l’IA et créant une commission spéciale pour superviser l’« expérimentation » de cette nouvelle technologie au Vatican.
Intitulé « “Linee Guida in materia di intelligenza artificiale” », ce décret a été adopté par la Commission Pontificale de l’État de la Cité du Vatican et est entré en vigueur le 1er janvier, après une publication sur le site du gouvernement du Vatican la veille de Noël.
Ce décret reflète l’appel constant du pape François à des régulations alignées sur l’éthique de l’IA, comme le définit le document du Vatican "Rome Call for AI Ethics", qui prône la transparence, la responsabilité et la justice sociale dans l’intelligence artificielle.
Parcoursup : Le "simulateur de chances", une révolution data pour l’orientation ?
Alors que plus de 900 000 candidats formulent leurs vœux chaque année, Parcoursup innove avec un nouvel outil : un simulateur qui permet d’estimer ses probabilités d’admission en fonction de son profil scolaire.
Pour la première fois, les lycéens peuvent, en renseignant leur moyenne générale et leurs spécialités de terminale, obtenir une estimation précise de leurs chances. Le simulateur délivre une réponse catégorisée : "rarement", "occasionnellement", "régulièrement", "à plus de 50 %" ou "à plus de 80 %".
À cela s’ajoute un tableau des profils types des admis, détaillant les moyennes et les spécialités les plus courantes dans chaque formation.
L’objectif du ministère : donner aux élèves les outils pour "diversifier leurs choix" et "prendre des décisions éclairées", dans un processus qui, jusqu’ici, manquait de transparence.
Mais cette innovation fait déjà débat. Annabelle Allouch, sociologue et coautrice de "Contester Parcoursup", tempère l’enthousiasme : "La transparence ne signifie pas que l’information sera compréhensible pour tous. Les élèves ne liront pas forcément tout, ni ne sauront hiérarchiser les données qu’on leur donne."
Si l’outil offre des informations inédites, il pourrait aussi renforcer l’autocensure. Certains syndicats étudiants craignent que les données ne poussent les lycéens à abandonner leurs ambitions avant même d’avoir postulé.
L’impact de l’IA générative sur la consommation d’électricité : les chiffres impressionnants du MIT.
L’IA générative, comme ChatGPT et DALL-E, bouleverse notre quotidien, mais elle a un coût énergétique qui reste souvent ignoré.
Une étude 2024 du Massachusetts Institute of Technology (MIT) met en lumière la consommation d’électricité impressionnante des centres de données alimentant cette technologie.
Extraits clés de l’étude du MIT :
- La consommation d’énergie des centres de données mondiaux a atteint 460 TWh en 2022, soit à peu près autant que la consommation totale d’électricité de la France (463 TWh).
- D’ici 2026, ce chiffre pourrait atteindre 1 050 TWh, principalement en raison des IA génératives.
- Les centres de données en Amérique du Nord ont vu leur demande en électricité augmenter de 98% en un an, passant de 2 688 MW à 5 341 MW entre fin 2022 et fin 2023.
- Une seule requête ChatGPT consomme cinq fois plus d’électricité qu’une recherche web traditionnelle.
Dans un article de MIT News du 17 janvier, les auteurs de cette étude soutiennent la nécessité de prendre en compte de manière complète tous les coûts environnementaux et sociétaux de l’IA générative, ainsi qu’une évaluation détaillée de la valeur de ses bénéfices perçus.
« Nous avons besoin d’une manière plus contextuelle de comprendre systématiquement et de manière exhaustive les implications des nouvelles évolutions dans ce domaine. En raison de la rapidité des améliorations, nous n’avons pas eu le temps de rattraper nos capacités à mesurer et à comprendre les tradeoffs », y déclare Elsa A. Olivetti, une des auteurs de l’étude.
OpenAI supprime discrètement l’interdiction d’utiliser ChatGPT à des fins militaires, ouvrant la voie à des applications dans le domaine de la défense.
Vidéo intégrée à la publication d’origine (inconnu).
Jusqu’au 10 janvier 2024, les politiques d’utilisation d’OpenAI interdisaient explicitement les activités liées aux "armes" et aux "opérations militaires et de guerre".
Désormais, les nouvelles politiques se contentent d’interdire l’utilisation de leurs services pour "nuire à soi-même ou à autrui" ou pour "développer ou utiliser des armes".
Parallèlement, un ingénieur indépendant, connu sous le pseudonyme STS 3D, a récemment utilisé l’API en temps réel de ChatGPT pour concevoir un fusil robotisé contrôlé par commandes vocales.
Dans une vidéo devenue virale, il commande : "ChatGPT, nous sommes attaqués de l’avant gauche et de l’avant droit. Réagissez en conséquence." Le robot répond en tirant à blanc dans les directions indiquées, avant de déclarer : "Si vous avez besoin de plus d’aide, faites-le moi savoir."
En réponse, OpenAI a révoqué son accès à l’API, affirmant que cette utilisation contrevenait à leurs politiques interdisant le développement ou l’utilisation d’armes avec leurs technologies.
A la semaine prochaine !
Jean-Philippe